La vie sous Daech

Désertions et conscriptions en Syrie – La vie sous Daech

Daech est coincé entre les familles en fuite et la crise du logement dans la province de Raqqa. Paradoxalement, daech a érigé des postes de contrôle et des barrages pour...

Daech est coincé entre les familles en fuite et la crise du logement dans la province de Raqqa. Paradoxalement, daech a érigé des postes de contrôle et des barrages pour empêcher que les habitants de Raqqa ne quittent le territoire contrôlé par daech mais également pour que les personnes déplacées internes (PDI) n’entrent pas dans la ville. Le 7 mars [2017], daech a arrêté une famille de 9 personnes qui tentait de fuir la ville de Raqqa et les a tous emprisonnés, y compris un adolescent de 13 ans. De plus, dans le village de Matib al-Bawrashid (à l’ouest de Raqqa), daech a érigé des postes de contrôle après avoir entendu des rumeurs selon lesquelles plusieurs familles avaient prévu de quitter la ville, apparemment pour se rendre dans la province de Deir ez-Zor. Sans pouvoir confirmer cette rumeur, daech a interdit aux familles de quitter complètement leur village. Pendant ce temps, le 11 mars [2017], daech a été obligé d’ériger des postes de contrôle et des barrages tout le long de la périphérie sud de Raqqa pour empêcher l’entrée d’un nombre croissant de PDI à cause du manque de logements de daech. Bien que l’organisation terroriste ait des difficultés à résoudre cette crise du logement depuis un certain temps, il semble que la crise a atteint un point critique et qu’elle génère des politiques paradoxales, une paralysie probable et un plus grand engagement des effectifs de daech pour maintenir l’ordre dans la ville.

Les combattants étrangers désertent Albu Kamal. Le 8 mars [2017], de nombreux combattants étrangers saoudiens et irakiens ont fui de la ville d’Albu Kamal (située à 130 km au sud-est de Deir ez-Zor) sans l’autorisation de daech. Daech a attaqué un grand nombre de maisons en réponse à cette fuite. Il s’agit peut-être d’une tactique d’intimidation pour réaffirmer son contrôle sur les habitants et les combattants ou pour éliminer à la source les preuves laissées par les collaborateurs. Il est très probable que le rythme de ces désertions et de ces défections s’accélérera au fur et à mesure que daech perd du terrain et ses capacités de combat.

Les prosélytes de daech réclament davantage de soldats et menacent de mettre en place la conscription dans la province de Deir ez-Zor. Le 10 mars [2017], les prédicateurs de daech ont visité un certain nombre de quartiers à la périphérie de Deir ez-Zor, en demandant que les habitants engagent leurs fils à suivre l’entraînement au combat de daech. En échange, daech donnerait à ces soldats vraisemblablement mineurs un salaire mensuel en plus de la nourriture pour eux et leurs familles. Les rapports ont indiqué que la plupart des habitants considéraient cette démarche comme une attaque contre leurs enfants, d’autant plus que les prosélytes les ont avertis que les garçons seraient enrôlés de force si le besoin augmentait au point de devenir urgent, sans obtenir aucun des avantages susmentionnés. Le recours à des soldats irréguliers qui sont vraisemblablement mineurs et enrôlés de force, révèle la pénurie des effectifs de daech. En outre, si daech donne suite à cette menace, cela entraînera une augmentation du déploiement des enfants soldats, mais également l’augmentation du ressentiment des habitants.