La vie sous Daech

Corruption, lutte et résistance – La vie sous daech

Un combattant étranger de daech a été assassiné dans la ville d’Al-Tabqa.

Le 4 mars [2017], un combattant de daech d’origine marocaine a été assassiné dans l’est d’Al-Tabqa. C’est un...

Un combattant étranger de daech a été assassiné dans la ville d’Al-Tabqa.

Le 4 mars [2017], un combattant de daech d’origine marocaine a été assassiné dans l’est d’Al-Tabqa. C’est un autre meurtre à ajouter à la récente série d’assassinats ciblant les combattants de daech. Bien que l’identité des auteurs reste inconnue, les rapports ont décrit que le combattant étranger a été abattu par un coup de feu à l’arrière de la tête, ce qui implique la proximité physique du tireur. Daech a répondu à cet assassinat comme l’organisation a coutume de le faire maintenant, c’est-à-dire en installant des postes de contrôle et en arrêtant les jeunes locaux. Étant donné que daech perd de son emprise sur les territoires sous son contrôle, il est probable que ces attaques continueront et prendront de l’ampleur, en particulier si les habitants ont plus facilement accès aux armes ou si daech ne parvient pas à appréhender les assassins.

 

Daech est contraint de répondre à la crise du logement dans l’ensemble du territoire qu’il contrôle. Cette semaine, daech a pris des mesures pour remédier à la crise croissante du logement dans la ville de Raqqa, qui résulte à la fois de la perte de la ville d’Al-Bab (province d’Alep) et d’une plus grande redistribution de ses forces. Par exemple, le 28 février [2017] dans la ville d’Al-A’shara (située à 60 km au sud-est de Deir ez-Zor), la police de la Hisba a saisi toutes les propriétés d’un notable local qui avait précédemment fui en Arabie saoudite, dont un centre médical, pour fournir des logements aux membres de daech qui ont été transférés de la province de Deir ez-Zor à Raqqa. En outre, le 1er mars [2017] dans la ville d’Al-Tabqa, daech a confisqué les maisons et les biens de deux familles, en alléguant que les familles avaient vécu en dehors du territoire contrôlé par daech et que, de ce fait, elles avaient perdu la propriété de leurs biens.

 

Un combattant de daech est exécuté en raison de ses activités de passeur.

Le 5 mars [2017], les membres de la police de la Hisba ont exécuté un combattant de daech à Albu Kamal (130 km au sud-est de la ville Deir ez-Zor) parce qu’il avait aidé des habitants à fuir le territoire contrôlé par daech. Ce fait illustre le ciblage actuel des passeurs par daech depuis le début de janvier [2017]. Des incidents similaires, dans lesquels des membres de daech ont profité de leur autorité pour gagner de l’argent sur le dos des citoyens, se sont déjà produits dans le passé. Notamment, des membres de daech ont volé des habitants des zones contrôlées par l’organisation terroriste, mais daech a finalement mis en place des mesures pour sévir contre ce comportement. Même si cela peut suggérer l’incapacité de daech à payer suffisamment ses combattants, il convient surtout de noter qu’un combattant de daech a agi directement contre les intérêts de daech pour gagner de l’argent. Les exemples précédents ont impliqué des combattants de daech qui ont commis des abus sur les résidents locaux. Il convient de noter que ces faits n’ont été perpétrés sous les auspices de l’administration de daech. Cependant, le présent exemple montre un combattant de daech qui enfreint les principes de base de daech. Cela représente une menace plus importante pour le commandement et le contrôle de daech sur le reste de ses combattants, ainsi qu’un coup asséné à la position « dure mais juste » adoptée par son administration.

 

Daech arrête des changeurs de monnaie aux motifs de mauvaise tenue des livres de compte. Le 3 mars [2017], daech a fait une descente dans de nombreux bureaux de change de Raqqa. Ces établissements ont été fermés et leurs propriétaires arrêtés aux motifs d’une prétendue insuffisance de tenue des livres de compte. Daech inspecte généralement ces registres, qui sont susceptibles de renforcer son contrôle sur la vie financière des habitants et de mettre à jour des transactions suspectes. Cependant, il est difficile de savoir si ces établissements ont été fermés pour empêcher la fuite des habitants, mieux contrôler les transactions réalisées dans la ville ou confisquer les fonds gérés par ces établissements. La vraie raison a peu d’importance car daech profite probablement de toutes les conséquences susmentionnées.