Contre-message La vie sous Daech

Nouvelle taxe pour les cliniques privées – La vie sous Daech

As of 8 December, Daesh has instituted a new tax on private clinics in the city of Mayadeen (45 km east of Dayr al-Zawr) which raises the price of attending a private clinic (i.e. one not directly administered by Daesh) by 50%. This new price puts medical care beyond the reach of many in the city. Those hospitals administered by Daesh, while open to public use, have their equipment and resources prioritised for their fighters. Between this and Daesh’s widespread looting and destruction of medical equipment and supplies, civilian access to medical care is set to become more limited than ever. This tax and similar ones may appear soon in other cities as Daesh continues to struggle to raise revenue internally.

Nouvelle taxe pour les cliniques privées dans la ville de Mayadin.

Le 8 décembre dernier, daech a mis en place une nouvelle taxe visant les cliniques privées de la ville de Mayadin (45km à l’est de Deir ez-Zor), occasionnant une augmentation des prix des consultations et rendant les soins privés 50% plus couteux que dans les cliniques directement administrées par daech. Cette augmentation des prix a pour effet de rendre tout traitement medical hors de portée pour de nombreux habitants de la ville. Les hôpitaux administrés par daech sont en principe ouverts au public, mais les combattants djihadistes y sont prioritaires pour ce qui est de l’équipement et des ressources. Compte tenu de ce nouveau développement ainsi que du pillage systématique et destructions de matériel médical par daech, l’accès aux soins est plus limité que jamais pour la population civile de la ville. Cette taxe, tout comme d’autres initiatives comparables, risquent de se propager à d’autres villes, daech ne parvenant pas à financer ses opérations.

Des primes offertes pour toute information sur les opposants à daech dans la ville de Taqba.

La semaine dernière, daech a annoncé la mise en place d’une prime d’un montant de 370€ – l’équivalent de plusieurs mois de salaire pour le combattant moyen – pour toute information pouvant contribuer à l’arrestation de sympathisants du régime syrien ou de l’Armée syrienne libre (ASL). En plus de cette prime, les informateurs recevront également un tiers des possessions de la personne accusée, à condition que le tribunal soit en mesure de prouver sa culpabilité. Les deux-tiers restants reviendraient à daech. Il est probable que la création de cette prime mènera à l’augmentation du nombre des arrestations, en particulier parmi les classes sociales les plus aisées qui sont les plus visées par cette initiative.

Compte tenu de l’enjeu financier, cette annonce va probablement engendrer de fausses accusations en dépit de la nécessité de preuves tangibles contre les personnes accusées de collusion. De plus, plusieurs comptes rendus font déjà état de l’emploi de cette stratégie par daech et de plusieurs cas de faux témoignages motivés par l’appât du gain ou par des actions de représailles dans les villes d’al-Bab, Raqqa, Tabqa et Mossoul. Etant donnée l’augmentation du coût de la vie et de la dégradation des conditions économiques dans les territoires contrôlés par daech, cette initiative démontre un fois de plus l’étendue des problèmes financiers que rencontre l’organisation.

La population kurde de Raqqa forcée de s’enregistrer à l’Office de la Sécurité de daech.

Daesh demande à tous les habitants kurdes de Raqqa de remettre leurs documents d’identité sous trois jours à l’Office de la Sécurité de la ville. Bien qu’aucune explication n’ait été fournie, cet ordre est certainement motivé par l’offensive (majoritairement) kurde actuellement menée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) contre Raqqa. Il est difficile d’établir comment daech compte utiliser ces informations, mais il est à craindre que l’organisation procède à des opérations d’épuration ethnique, des transferts de population, ou le mode d’action privilégié de l’organisation: la séquestration de civils autour des sites militaires lors de sièges majeurs.